vendredi 19 août 2011


je me suis couchée tard
et il est beaucoup trop tôt
le silence me fait mal aux os
le soleil est encore trop bas
il n’y a que sa lumière orange
posée sur les vitres poussiéreuses

je presse les deux oranges qui sont arrivées
hier avec le panier
et je les écoute goutter
dans la tranquillité du matin
j’étale la pulpe sur la grille avec le dos d’une petite cuillère
pour en extraire plus de jus

l’air frais de la salle de bains
la fenêtre mi-close
je prends une douche au soleil

deux autres oranges
sur la table du salon
depuis plus d’un mois

leur goût est presque le même
un peu plus sucré

dimanche 14 août 2011

toute sa cruauté est dans cette boucle de cheveux, si jolie, si innocente

lundi 18 juillet 2011

ça fait des mois qu’il traîne dans mon sac, qu’il se prend des fragments de tabac entre les pages, qu’il s’écorne, qu’il gît entre les rouges à lèvres, les carnets entamés et abandonnés et le programme de la cinémathèque de l'automne dernier

méridien de sang

je lui ai été infidèle pendant deux jours la semaine dernière avec un livre que manger 3 m’a donné en échange d'un manuel sur le tarot
il y a dans le titre le nom de sa ville
je l’ai lu vite celui-là
je le garderai dans ma bibliothèque
un souvenir de cette liaison bancale mais cicatrisante

l’infidélité, c’est quand on s’emmerde
ou qu’on se sent négligé
ou alors c'est quand on veut se débarrasser de la relation
pour déclencher, sans trop d’efforts, la disjonction nécessaire

méridien de sang

voilà, c’est ça
je vais m’en débarrasser
maintenant

j’ai peur du type qui s’est installé en face de moi dans le métro
il me dévisage avec un regard noir, son visage est dur
j’essaye de lire mais les mots me restent sur la cornée
sans réussir à la traverser pour atteindre les neurones

je dois descendre
j’ai peur qu’il me suive
je referme le livre, j’enlève le signet, un mini post-it sur lequel j’avais noté il y a plusieurs mois, les horaires de train entre Soultz et Strasbourg
il suit mes gestes, il a l’air intrigué
je pose le livre sur le siège à côté de moi
puis je le regarde
je me lève et me dirige vers la porte

Stuyvenbergh

du coin de l'oeil, je le vois qui prend ma place
il regarde le livre, me lance un regard
quand je descends, il le prend en main, le regarde

méridien de sang

il aimera peut-être lui

jeudi 14 juillet 2011

il ronfle doucement dans le lit et moi, je fume dans le salon en écoutant les Dead Kennedys

il me dit je te voyais avant que tu ne me voies
je t’observais dans ce bar,
seule ou accompagnée, tu avais toujours l’air seule
je voyais ton regard se perdre, pendant trente secondes
une minute cinq minutes puis tu revenais à la vie
tu regardais les gens autour de toi, un peu perplexe, comme si
tu revenais de loin, tu me faisais un peu peur je me disais cette
fille est en train de se noyer, je me disais il faut que je plonge dans l'océan
et que je la sauve avant qu’elle n’atteigne le fond
après on s’est parlés, tu avais l’air contente de me voir quand on se croisait
un jour, je me suis refusé à une fille juste parce que tu étais là,
j’avais peur de te décevoir et je me suis dit que j’allais un peu loin
alors, pendant un temps, je t’ai niée et toi tu continuais à me dire bonjour
gentiment, doucement, et tu m’as reconquis d’une certaine manière
et il m'a fallu ces six mois pour que tu me laisses t'approcher vraiment
quand tu me dis que c'est toi qui m'a embrassé la première, ça me fait rire
parce que tout ce que j’ai fait ces derniers mois,
c’était pour nous mener à ça, à toi qui m’embrasses
et à moi qui te caresse pour prendre soin de toi